Prologue
Le chœur entonne la «ballade de Sweeney Todd, le barbier dément de Fleet Street», et annonce qu’il va raconter l’histoire de ce dernier.
Acte I
Londres au XIXème siècle. Sur les docks, Sweeney Todd accoste et prend congé d’Anthony Hope, qui l’a recueilli du radeau sur lequel il dérivait. Aux questions du jeune homme, Sweeney ne répond que par bribes, mais on comprend qu’il a vécu à Londres il y a quinze ans, puis qu’il en a été exilé… Après avoir été importunés par une vieille mendiante, les deux hommes se séparent. Todd, en quête d’un logement, s’approche d’une maison sur Fleet Street : au-dessus de l’échoppe de Mrs Lovett, qui peine à vendre ses tourtes à la viande, il y a un appartement vide. La commerçante loquace raconte que personne ne veut de ce logement hanté : quinze ans auparavant, de tragiques événements s’y sont déroulés. Un barbier vivait là, Benjamin Barker, avec sa femme et leur fille, Johanna. Mais le juge Turpin convoitait la jeune épouse. Aidé du bedeau Bamford, il a fait déporter Barker dans une prison en Australie puis il a tenté de séquestrer sa femme, mais Mrs Lovett affirme que celle-ci s’est empoisonnée de désespoir. Quant à Johanna, le juge Turpin en a fait sa pupille. Observant l’affliction de Sweeney Todd, Mrs Lovett comprend que ce dernier n’est autre que Barker revenu se venger sous un nom d’emprunt. Visiblement sensible à son charme, elle lui remet ses rasoirs qu’elle avait soigneusement gardés et cachés. Sweeney Todd décide de se réinstaller dans son ancien salon de coiffure.
Dans une rue, Anthony aperçoit une belle jeune fille à un balcon, qui chante en comparant son sort à celui des oiseaux en cage. C’est Johanna, dont il tombe immédiatement amoureux. Mais le juge qui la garde l’aperçoit et part dans une violente colère.
A Fleet Street, le barbier Pirelli attire les badauds en prétendant avoir inventé un élixir capable de faire repousser les cheveux. Son bonimenteur est un jeune garçon un peu simple : Tobias. Sweeney Todd propose un «duel» à Pirelli, qu’il demande au bedeau Bamford d’arbitrer. Todd triomphe et attire l’attention du bedeau, qui lui promet de venir chez lui pour un rasage. Après quelques jours, Anthony vient raconter à Todd qu’il a l’intention d’enlever Johanna à son tuteur et que tous deux viendront se cacher dans la boutique du barbier. Vient ensuite Pirelli, qui a reconnu l’identité de Todd : ses rasoirs l’ont trahi, il se souvient bien de lui et veut le faire chanter… Mais Todd lui tranche la gorge.
Pendant ce temps, le juge Turpin a résolu d’épouser sa pupille. Cette dernière en parle à Anthony, qui décide de hâter son enlèvement et leur mariage. Prenant conseil auprès de son bedeau, Turpin décide d’aller se faire raser chez Sweeney Todd afin de séduire Johanna. Sweeney se délecte à l’idée de tenir enfin sa vengeance. Au moment où il s’apprête à trancher la gorge de Turpin, Anthony fait irruption dans la pièce en parlant de Johanna… Le juge comprend la situation et, furieux, s’en va. Todd laisse éclater sa colère. Mrs Lovett tente alors de le calmer, et pour se débarrasser du corps de Pirelli, elle propose à Todd d’en faire des tourtes à la viande ! «L’histoire du monde, ma chère, se résume à celui qui mange et celui qui se fait manger !»
Acte II
Depuis quelque temps, la petite affaire de Mrs Lovett prospère : tout le monde s’arrache ses tourtes. Elle a d’ailleurs engagé Tobias pour l’aider et elle chasse la mendiante du premier acte, qui rôde sans cesse autour de la maison en se plaignant de la puanteur sortant de la cave... Quant à Sweeney Todd, il s’est fait livrer un siège de barbier «spécial», qui lui permet de faire descendre directement les cadavres de ses clients dans la cave de sa voisine. Tous deux assassinent les étrangers de passage ou les hommes seuls, occupation qui semble détourner Todd de son désespoir. Mrs Lovett, quant à elle, se réjouit d’avoir bientôt réuni assez d’argent pour pouvoir aller vivre au bord de la mer avec ce Monsieur Todd qu’elle aime tant.
Anthony, quant à lui, cherche Johanna qui a disparu depuis l’incident avec Turpin. Il la retrouve dans un asile d’aliéné où le juge l’a internée. Anthony vient annoncer la chose à Todd, qui lui offre un moyen de faire évader Johanna : Anthony ira à l’asile, se fera passer pour un perruquier en quête de cheveux blonds, la libérera puis viendra se réfugier dans sa boutique avant de prendre le large. Todd tient ainsi sa vengeance : une fois Anthony parti, il envoie une lettre au juge Turpin lui révélant qu’il pourra surprendre Johanna et son ravisseur chez lui, le soir même. De son côté, Mrs Lovett comprend que Tobias soupçonne quelque chose et elle l’enferme à la cave. Le bedeau Bamford arrive alors, désireux d’inspecter la maison, car des voisins se sont plaint d’odeurs étranges… Sweeney Todd l’égorge sans autre forme de procès.
L’enlèvement de Johanna se déroule comme prévu. Les fous en profitent pour se répandre dans Londres en criant que la cité est en feu. Johanna, déguisée en marin, se cache dans une armoire chez Sweeney. La mendiante fait alors irruption, criant au méfait. Mais Sweeney entre précipitamment : le juge Turpin arrive ! Par peur d’un contretemps, il assassine la vieille et la fait disparaître dans la cave. Puis il accomplit enfin sa vengeance : Turpin le reconnaît trop tard et son cadavre est précipité lui aussi dans la cave. Todd aperçoit alors le marin qui se cachait dans son armoire et s’apprête à le tuer, lorsqu’il entend un cri venant de la cave : Mrs Lovett a été effrayée par le cadavre du juge qui bougeait encore, puis elle pâlit en voyant le corps de la mendiante… Todd comprend soudain que la mendiante n’était autre que Lucy, son épouse adorée. Au comble du désespoir, il tue Mrs Lovett. Puis il reste prostré sur le corps de Lucy. Tobias, l’air hagard, apparaît. Il a perdu la raison. Il tue à son tour le barbier dément de Fleet Street. Lorsque les gendarmes arrivent sur les lieux, alertés par Johanna et Anthony, ils ne découvrent qu’un amas de cadavres au milieu desquels erre Tobias, devenu fou.
Le chœur reprend la «ballade de Sweeney Todd» et conclut en insinuant que Sweeney est partout dans la foule… |